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Publié par Cookmyworld

Kuromon, le plus ancien marché d'Osaka

Visiter un marché est sans doute l'un des meilleurs moyens de découvrir une ville ou un pays pour s'imprégner de sa culture, en partant à la découverte de ses produits et habitudes alimentaires. Lors de mon passage à Osaka, il était donc normal pour le gourmand voyageur que je suis, de flâner dans le principal marché culinaire de la 3ème plus grande ville du Japon, le marché de Kuromon-Ichiba

Situé dans le quartier de Nipponbashi, au cœur d'Osaka, ce marché est le plus ancien (1902) et le plus grand de la ville avec ces 170 boutiques et échoppes qui s'étendent sur les 600m d'une grande rue couverte. Il faut savoir qu'à Osaka, la plupart des rues commerçantes sont installées sous des arcades entièrement couvertes. Baptisé la "cuisine d'osaka" par ses habitants, ce marché - qui était initialement un marché aux poissons - est fréquenté principalement par les ménagères et les cuisiniers de la ville qui y trouvent tous les produits frais et locaux dont ils ont besoin : poissons, fruits et légumes, un peu de viande, des ustensiles mais aussi les spécialités culinaires de la ville et un panorama assez large de la street-food nipponne. Contrairement à Kyoto, on ne trouve pas ici de boutiques pour touristes, ou très peu. Vous n'y trouverez que de l'authentique, pas de boutiques de chaînes !

Visite en photos...

On trouve de nombreux étals de légumes provenant en grande partie de la région de Kyoto. Ils sont vendus frais mais aussi massivement sous forme de tsukemono.

Le tsukemono est une technique de conservation des légumes dans une saumure (shiozuke) ou dans du vinaigre à la façon de pickles (suzuke). Les plus répandus sont les radis daikon (takuan), les prunes (umeboshi), les navets, les racines de lotus, les concombres ou encore le chou chinois. Il existe aussi la méthode asazuke, qui permet d'obtenir des tsukemono plus fermes grâce à une macération plus courte.

Au Japon, le fruits sont de vrais produits de luxe et sont traités comme tel ! Issus de productions en grande majorité artisanales et bio, ils sont brillants, bien agencés et pour certains empaquetés dans des écrins de mousse individuels pour les protéger des chocs. Les japonais apprécient notamment les superbes pommes Fuji, les poires, les abricots, les oranges, la mandarine japonaise (mikan), les pastèques ou encore les melons. Mais attention, les prix s'affolent et sont sans doute les plus élevés au monde avec des melons à 35€ l'unité (voire beaucoup plus comme avec le melon de Yubari qui atteint des sommets avec un record à 19 000€ pour un lot de 2 melons), une trentaine d'euros le kg d'orange et plus de 80€/kg de fraises !

Les produits de la mer sont bien sûr à l'honneur avec une grande variété de poissons (thon, saumon, sardine, maquereau et beaucoup d'autres totalement inconnus) mais aussi de fruits de mer (poulpe, pieuvre, méduse, crabe, moule, crevette, oursin et de nombreux coquillages...).

Parmi les nombreux poissons que vous trouverez, il en est un à la réputation controversée, le fugu, véritable monument du patrimoine culinaire nippon. Connu en Europe sous le nom de poisson-globe, le fugu est un poisson hautement toxique (notamment son foie, ses intestins et ses organes sexuels qui contiennent de la tétrodotoxine, un poison mortel). Au Japon, seuls les chefs disposant d'une licence spéciale sont autorisés à proposer dans leurs restaurants ce poisson très recherché. Son prix est là encore à la hauteur de sa réputation avec des prix qui dépassent facilement les 70€/unité.

Vous trouverez un peu partout des produits séchés très appréciés des japonais comme les algues et surtout les poissons (himono correspondant à des poissons vidés séchés et le maru-boshi pour les poissons entiers). Vous trouverez également le katsuobushi (copeau de bonite séchée), que l'on retrouve souvent dans le dashi (bouillon à la base de nombreuses soupes et sauces).

Si les produits de la mer dominent largement les étals, vous trouverez aussi quelques viandes avec principalement du boeuf, notamment le célèbre boeuf de Kobé. Attention tout de même aux arnaques car nombreuses sont les pièces de boeuf annoncées comme du boeuf de Kobé et qui sont en fait du wagyu (boeuf japonais).

Epicentre de la gastronomie japonaise avec de nombreuses spécialités qui lui sont propre (okonomyaki, takoyaki, teppanyaki...), Osaka est également la ville qui symbolise le mieux la street-food japonaise avec la création de concepts comme les instant noodles (ou nouilles instantanées, créées au début des années 70 par Momofuku Ando) ou encore les kaitenzushi (sushis bars) et leurs célèbres tapis roulants. Au sein du marché de Kuromon, vous pourrez notamment déguster sur le pouce des takoyaki (boulettes de poulpe) ou des okonomiyaki (omelette ou pizza japonaise).

Vous trouverez aussi pas mal de produits de la mer sous la forme de brochettes : coquilles St-Jacques (à gauche sur la photo) ou encore de bien intriguantes sucettes au poulpe qui sont en fait de petits poulpes vidés et garnis d'un oeuf de caille, le tout trempé dans une sauce soja sucrée et installé sur un pic ! 

Vous pourrez également dénicher un vaste choix de tempura - beignets aux poissons, fruits de mer ou légumes - véritable symbole de la cuisine japonaise.

Côté sucré, le choix est là encore assez varié avec notamment les imagawayaki, sorte de pancakes garnis de pâte de haricot azuki sucré. Comptez environ 0,60€/unité. Vous pouvez aussi trouver des taiyaki, sorte de gaufres en forme de poisson là encore garnies de pâte de haricot rouge sucrée.

Pour finir avec la touche sucrée, certainement le dessert nippon le plus connu avec les mochigashi ou dango (mochi en France), élaborés à base de riz gluant cuit, qui renferme souvent une pâte de haricot azuki sucré, de thé vert, de yuzu ou de fraise notamment. Les japonais en mangent toute l'année mais les variétés changent selon les saisons et les régions du Japon. Parmis les plus connus : les daifuku recouverts de poudre de soja grillé et de sucre, les kusamochi à base de gelée d'amarante (que l'on reconnait à leur couleur noir) ou encore l'uiro, une pâtisserie traditionnelle proche du mochi, faite avec de la farine de riz et du sucre (cuit à la vapeur), qui prend la forme de pavés rectangulaires et aromatisés aux haricots azuki, au thé macha ou encore au yuzu.

 

Infos pratiques 

Marché de Kuromon
2-4-1, Nippombashi, Chuo-ku Osaka-shi, Osaka, 542-0073
La plupart des boutiques sont ouvertes tous les jours (sauf dimanche) entre 9h et 19h30

Accès : Station de métro Nippombashi. Prendre la sortie 10

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